Lors du Synode, j’ai souvent pensé à cette phrase de Paul VI… évoquée dans Le courage de l’avenir.
Nous avons beaucoup insisté sur « l’inter », interreligieux, interculturel, intergénérationnel…
À vrai dire, je crois constater que chacun a sa vision du dialogue.
Ici, on prêche pour un enfouissement presque total, cherchant plutôt à ne pas nous différencier dans la société…
Être. Être simplement.
Là, on revient à des formes, à des rites que les premiers taxent de rétrogrades – d’avant Vatican II – et d’autres qualificatifs tout aussi gentils, mais que les seconds appellent « courage de se situer ».
Il est vrai que ma génération a été heureuse de vivre une sorte d’élan vers ce que nous pensons être la simplicité évangélique.
Mais il faut remarquer que nous avions souffert, dans une société où l’appartenance religieuse était un donné quelquefois entouré d’un formalisme, qui – à nos yeux – étouffait l’exemple.
À chaque époque se querellent des anciens et des modernes… et les modernes aujourd’hui viennent d’un monde qui ne leur laisse pas beaucoup de place. Comme chacun, ils ont besoin de signes pour trouver leur identité.
Mais la discussion – si elle n’est pas trop violente et, chez nous, elle n’est pas trop violente – nous oblige à nous interroger sur l’Église. _ L’Église n’est pas une association fondée avec un but précis. L’Église n’est pas un groupe qui a pour mission d’être accepté. L’Église n’est pas un club fondé pour se tenir chaud. L’Église n’est pas d’abord fondée sur un rituel. L’Église est fondée sur le sang du Christ qui veut rassembler ceux qui sont dispersés. Seuls.
Certes, Paul dans l’épître aux Corinthiens blâme ceux-ci de ne pas vivre du sang et de l’Esprit du Christ en manifestant cette vie par une véritable convivialité. Mais en attendant que l’Esprit vainque nos difficultés, il invite à célébrer « correctement ».
Car au cœur de la célébration, nous apprenons que la foi chrétienne est une parole qui se fait chair et se livre, une parole qui se fait sang et qui se répand.
Paul VI dit le fond de ce qui peut provoquer à l’échange : le don de soi. Le message évangélique est dans la manière dont on vit « pour la multitude » au nom du Christ.
Et cela suppose, à l’école du Verbe, d’être conversation.
+ Michel Dubost
Évêque d’Évry Corbeil-Essonnes