Officiellement la fête du Cœur de Jésus a marqué la fin de l’année sacerdotale.
Mercredi dernier Benoît XVI, après avoir rapporté ses impressions sur son voyage à Chypre et invité à prier pour les chrétiens du Moyen Orient, disait aux français réunis à Rome : « priez pour vos prêtres et vos séminaristes. Encouragez-les et approuvez-les. A la suite du Christ encouragez des jeunes et des hommes à se consacrer au Seigneur dans le sacerdoce pour sanctifier le peuple de Dieu. »
« Priez »…
« Encouragez »…
En fin de semaine dernière près de 15 000 prêtres (sur les 400 000) qui existent dans le monde étaient réunis à Rome pour une sorte de retraite.
Comment voir cette foule sans voir, à travers elle, la foule immense des catholiques du monde entier !
Un prêtre n’existe pas que pour lui, ni pour son clan, ni pour sa famille, mais pour son Église « particulière » ? Et la catholicité de l’Église était belle à voir ! Prêtres de toute famille, de toute race, de tout âge, de tout embonpoint…sans aucun doute de toute spiritualité mais tous réunis pour être encore plus disponible (au sein de leur Église) pour la communion.
Prêtres…témoins et acteurs de salut.
A vrai dire c’est sans doute là que gît la difficulté actuelle du ministère presbytéral…
Comment annoncer le salut à des personnes qui pensent ne pas avoir besoin de salut ou que le salut est impossible ? Comment proclamer le salut dans une époque qui se résigne à la faiblesse et aux limites humaines comme à un destin ?
Le cardinal Meisner avait commencé la retraite en rapportant que beaucoup lui demandaient comment aider les prêtres. Il affirmait leur répondre en leur disant « confessez-vous » ! Boutade ? Sans doute pas.
Et il est vrai que l’œuvre propre du prêtre est d’être signe et acteur du salut, de rendre grâce pour le salut et de permettre à tout le peuple de Dieu de célébrer ce salut que Dieu lui donne.
Chacun voit que le monde change… que le statut du prêtre change…, qu’il faut, petit à petit, que les structures de l’Eglise évoluent pour en tenir compte. Mais rien ne peut se faire si tous ensemble nous ne nous tournons pas vers Dieu en lui demandant le bonheur qu’il promet. Tant que nous nous résignons, tant que nous refusons l’espérance, nous sommes juste bons à faire tourner la boutique.
Dimanche aura lieu une grande ordination presbytérale à la cathédrale.
Pour arriver à bâtir une telle fête il faut aborder bien des questions matérielles, il faut mettre au point la cérémonie et ce qui l’entoure…Mais l’important n’est pas là !
L’important est de constater que Dieu travaille notre diocèse, et que son travail doit nourrir notre foi. Dans la foi, ce moment est comme une ouverture vers l’avenir, un chant d’espérance, une provocation à s’interroger personnellement pour savoir si – oui ou non – nous voulons être heureux et si – oui ou non - nous comptons sur Dieu pour cela.
+ Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
Le 14 juin 2010