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Le Sacrement

MgrDubost
Le mot est d’origine latine. Il appartient au langage juridique.
Dans cette langue, le « sacramentum » est le dépôt d’argent fait par chaque partie avant un procès. Le gagnant du procès retrouve son argent. Celui du perdant va au Trésor Public. Pourquoi cet argent s’appelle-t-il « sacramentum » ? Parce qu’il est « consacré » (sacré !). Et c’est là que le recours à l’histoire devient intéressant.
Au départ, le dépôt, le « sacramentum », n’était pas un dépôt d’argent, mais de bétail, destiné – en cas de perte – à être sacrifié aux dieux… en lieu et place de la personne qui avait perdu le procès. En fait, le « sacramentum » signifiait que les serments faits lors du procès étaient proférés au risque de la vie de celui qui les proférait.

Le «  sacramentum » était donc lié à un serment.
Cela est, peut-être, difficile à comprendre dans notre culture… et il faut sans doute faire un effort pour penser à ce à quoi sert un serment.

Le serment est un engagement personnel sur un contenu : par serment, je m’engage sur la vérité de ma parole. Le serment est souvent prononcé en l’appuyant sur la Bible ou sur le nom de Dieu… et il est généralement précédé par l’énoncé de son propre nom : « Moi, M. D., devant Dieu, je m’engage ».
Parler suppose que les mots ont un sens, même si ce sens est inexprimable ; dire son nom, c’est commencer par dire des mots qui ont un sens essentiel (sens qui n’est pas logique ou scientifique), mais qui manifestent ma foi en la possibilité de parler et de m’engager. Dire le nom de Dieu, c’est dire un nom qui est au-delà de tout… c’est professer une existence qui dépasse toute compréhension… et une existence qui donne vérité à toute existence : « Te invoco, Deus veritas, in quo et a quo et per quem vera sunt quae vera sunt omnia - Je t’invoque, Dieu vérité, en qui, pour qui et par qui est véridique tout ce qui est vrai » (saint Augustin).

S’engager, c’est avoir foi que l’on peut être situé personnellement dans la vérité de Dieu. Pour comprendre cela, il est bon de contempler le Christ : il articule totalement – malgré sa limite humaine – action et Parole. Il fait ce qu’il dit, ou, plutôt, il dit ce qu’il est et il est ce qu’il dit. Il est la Parole par excellence. Il est la vérité parce qu’en lui la Parole « est ». Au risque de sa vie. On peut dire qu’il est en lui-même « serment », puisqu’il s’engage dans sa Parole « au niveau de Dieu » et qu’il est le sacrement, puisque c’est sa vie qui répond de cette vérité.

Bien sûr, à chacun de nous, l’articulation entre vie et langage, entre parole et action, n’est pas évidente, loin de là : mais notre « sacrement », c’est la vie du Christ, et c’est lui qui nous permet, par son Esprit, de donner à nos paroles le poids d’un engagement véridique.

+ Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
Le 16 novembre 2009

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La Croix