C’est une litanie. Elle est l’expression d’une souffrance.
« Les gens ne s’engagent plus » :
trop de travail, trop de temps dans les transports,
trop de stress !
On ne dit pas trop d’individualisme, de matérialisme,
mais on le pense fort.
Cette souffrance, nous la connaissons,
elle n’est pas tout à fait d’hier :
c’est celle des parents :
« Mes enfants n’ont plus la foi ! »
Cette souffrance engendre des questions,
qu’est-ce que j’ai loupé ?
Qu’est-ce ce qui ne va pas ?
Et il est vrai que nous sommes pêcheurs, limités.
Et il est vrai que nous pouvons nous faire des reproches
et même reprocher bien des choses à bien des gens.
En fait, nous ne pouvons pas dire que les gens ne s’engagent pas.
Beaucoup sont engagés ailleurs,
dans la vie municipale, dans les associations,
et même dans d’autres groupes religieux.
Souvent, ces engagements ne durent pas trop longtemps,
ils se succèdent mais ils sont forts.
Ce qui arrive peut recevoir beaucoup d’explications sociologiques,
mais, pour nous, ces explications ne sont pas tout.
Nous vivons une épreuve, un désert !
Comment ne pas croire que c’est pour éprouver notre fidélité,
notre foi ?
Dans ce monde qui change,
nous avons été appelés personnellement
à être les témoins de la résurrection du Christ,
une force de vie incarnée dans notre terre,
dans nos différences.
À être témoin de réconciliation possible
d’une minorité pour l’homme et pour la femme au-delà de tout.
Le 02 février, traditionnellement on fête la vie consacrée.
Les religieuses et religieux, souvent renouvellent leurs vœux,
Lors de cette fête de la Présentation du Seigneur
Pourquoi, ce jour là, ne pas renouveler chacun,
dans son sanctuaire intérieur,
notre propre engagement ? Total. Gratuit.
Même si c’est la nuit !
+ Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
Le 24 janvier 2011