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Marie, femme entre les femmes

La Femme n’existe pas.
Le titre qui m’a été proposé le rappelle opportunément.
Il existe des femmes. Différentes.
Les hommes qui cherchent la Femme chassent la chimère.
Les femmes qui veulent être « femmes » se mettent souvent dans des carcans épouvantables. Pauvres superwomen :
« Tu es une femme… donc, tu dois être ceci ou cela…
Tu dois être belle, épouse, mère, attentive, dynamique,
Et je dois en oublier…
Tu es femme, tu es donc appelée à être
Mère et servante… Sinon, tu es aguicheuse et marâtre.
Marie ou Marie-Madeleine ! »
La Femme n’existe pas…
Et j’ai bien peur que beaucoup d’images de Marie ne renvoient qu’au néant.

Aujourd’hui, les femmes prennent la parole.
Paroles différentes. Paroles qui tuent les fausses images.
Le statut de leur parole est clair : leur parole vaut parole.
L’égalité est admise.
En tout cas, elle est presque admise en droit…mais dans les faits ?
Mais dans l’Eglise ?

La question adressée à l’Eglise par les femmes sur la place de la femme n’est pas toujours revendicatrice, ni même critique. Elle est souvent patiente et un peu triste.
Je pense qu’il faut entendre cette question.
Et, pour cela, il faut oser la laisser éclore et se formuler.

Je sais que l’Eglise a défendu la veuve… et, à certaines époques, elle était la seule à le faire. Je sais que l’Eglise a défendu la liberté de consentement des femmes dans le mariage à travers les siècles, comme aucune autre institution ne le fait. Je sais qu’aucun peuple n’a autant honoré les femmes que le peuple chrétien…
De Thérèse de Lisieux à Mère Teresa, en passant par Sœur Emmanuelle, nous en avons encore l’exemple aujourd’hui.
Je sais aussi ce qui se passe dans ce diocèse… et les centaines de femmes présentes dans les équipes « funérailles », liturgiques, animatrices et aux conseils de pastorale ou épiscopal… et j’en oublie probablement malgré mon admiration.

Je sais les discours de Jean-Paul II et ses encycliques.

Mais j’entends la voix des femmes qui sont là mais pensent qu’elles n’ont pas trouvé leur place… oui, il faut l’entendre.

A l’ouverture du Concile, Jean XXIII salua les « auditrices admises pour la première fois dans l’enceinte conciliaire »…alors qu’« on » avait oublié de les inviter. A la clôture du Concile, Paul VI permit à six enfants de faire leur première communion… c’étaient six garçons.
Dans le diocèse, j’entends quelquefois des rumeurs qui me disent qu’ici ou là, les filles ne peuvent être servantes d’autel, les femmes lectrices… Que dire ?
Bien des femmes auraient pu parler à ma place de Marie, femme entre les femmes, mais si je suis là, comme évêque, c’est pour dire que j’entends et que j’essaie d’avancer… ou plutôt que j’essaie d’ouvrir les chemins de la reconnaissance.

L’Eglise est une communion.
Depuis vingt ans, elle en a pris - ou repris - conscience, en lisant et relisant Vatican II.
Et, au cœur de cette communion, - à la fois comme signe et comme arrhes - existe le couple. La vie n’existe que dans la communion… et pour la communion.

« Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. » ( Gn 1, 27)

Il n’y a pas de communion sans différence. Il n’y a pas de communion sans égalité…
Ma formulation peut faire difficulté : aujourd’hui, la théorie du genre tend à nous faire croire que l’égalité suppose de ne pas tenir compte des différences… ou plutôt de les voir comme des constructions culturelles qu’il faut dépasser pour construire une société égalitaire.

La différence apportée par les femmes, c’est la possibilité de donner corps. Donner corps à tout, même à Dieu. Marie a donné un corps à la Parole.

Beaucoup d’équipes animatrices, dans le diocèse, sont animées par des femmes, comme pour donner corps à la communauté.

Nous n’avancerons en ce domaine, j’en suis persuadé, que si nous cherchons aussi à dire quelle est la place de l’homme dans la communion…pour moi, l’homme est signe de l’Epoux…comme la femme est naturellement signe de l’Epouse.

Ceci peut faire grincer des dents.
Mais cela peut ouvrir des portes.

Il faudrait ici reprendre ce que Jean-Paul II avait écrit dans Mulieris Dignitatem :

« Dans le texte de la Lettre aux Ephésiens nous trouvons une seconde dimension de l’analogie qui doit servir, dans son ensemble, à la révélation du « grand mystère ». C’est une dimension symbolique…

… Le Christ est entré dans cette histoire et y demeure comme l’Epoux qui « s’est livré lui-même ». « Se livrer » signifie « devenir un don désintéressé » de la manière la plus entière et la plus radicale : « Nul n’a plus grand amour que celui-ci » (Jn 15, 13). Selon cette conception, grâce à l’Eglise, tous les êtres humains - les hommes comme les femmes - sont appelés à être l’« Epouse » du Christ, Rédempteur du monde. Ainsi le fait d’« être épouse », et donc le « féminin », devient le symbole de tout l’« humain », selon les paroles de Paul : « Il n’y a ni homme ni femme : car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28).

« Du point de vue linguistique, on peut dire que l’analogie de l’amour sponsal selon la Lettre aux Ephésiens rapporte ce qui est « masculin » à ce qui est « féminin », étant donné que, comme membres de l’Eglise, les hommes sont également inclus dans le concept d’« Épouse ». Cela ne doit pas surprendre car l’Apôtre, pour exprimer sa mission dans le Christ et dans l’Eglise, parle des « petits enfants qu’il enfante dans la douleur » (cf. Ga 4, 19). Dans l’ensemble de ce qui est « humain », de ce qui est humainement personnel, la « masculinité » et la « féminité » se distinguent et en même temps se complètent et s’éclairent mutuellement. Cela apparaît aussi dans la grande analogie de l’« Épouse » de la Lettre aux Éphésiens. Dans l’Église tout être humain - homme et femme - est l’« Épouse » parce qu’il accueille comme un don l’amour du Christ rédempteur, et aussi parce qu’il tente d’y répondre à travers le don de sa personne... »
Mulieris Dignitatem, 25

Le texte n’est pas facile. Surtout à la lecture orale.
Mais je retiens deux idées : tous les humains, les hommes comme les femmes, sont appelés à être l’Epouse du Christ, rédempteur du monde… ainsi, le féminin devient le symbole de tout l’humain.
La deuxième est que personne ne peut se comprendre sans l’autre. La communion est un mystère d’Alliance où personne ne peut savoir un peu qui il est sans accepter de chercher à connaître l’autre.
Pour dire les choses autrement, les prêtres et l’évêque, signes de l’Epoux, ne peuvent totalement se comprendre eux-mêmes que dans l’Église-Épouse… Et que l’Eglise, - corps du Christ, corps qui met au monde le Christ - ne peut être elle-même qu’en méditant l’analogie de la maternité.
L’Eglise existait en Marie bien avant que n’existe la responsabilité apostolique. Marie, parmi les hommes et les femmes, est la partenaire que Dieu s’est choisi pour sceller son Alliance avec l’humanité. Et c’est cette Alliance - scellée en Marie - qui fonde le sacerdoce masculin comme la mission de la femme représentative de l’Eglise.

«  …D’autre part, le fait que la Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise, n’ait reçu ni la mission spécifique des apôtres, ni le sacerdoce ministériel, montre clairement que la non-admission des femmes à l’ordination sacerdotale ne peut signifier qu’elles auraient une dignité moindre ni qu’elles seraient l’objet d’une discrimination ; mais c’est l’observance fidèle d’une disposition qu’il faut attribuer à la sagesse du Seigneur de l’univers.
La présence et le rôle de la femme dans la vie et dans la mission de l’Eglise, bien que non liés au sacerdoce ministériel, demeurent absolument nécessaires et irremplaçables. Comme l’a observé la déclaration Inter insigniores, « l’Eglise souhaite que les femmes chrétiennes prennent pleinement conscience de la grandeur de leur mission : leur rôle sera capital aujourd’hui, aussi bien pour le renouvellement et l’humanisation de la société, que pour la redécouverte, parmi les croyants, du vrai visage de l’Eglise. ». Le Nouveau Testament et l’ensemble de l’histoire de l’Eglise montrent abondamment la présence, dans l’Eglise, de femmes qui furent de véritables disciples et témoins du Christ, dans leurs familles et dans leurs professions civiles, ainsi que dans la consécration totale au service de Dieu et de l’Evangile...
 »

Lettre apostolique du Pape Jean-Paul II sur l’ordination sacerdotale exclusivement réservée aux hommes

Pour aller de l’avant, nous avons trop vite fait de rejeter l’exemple du passé.
Beaucoup taxent Paul de misogynie. Ils ne l’ont pas lu ou pas compris.
Paul a trouvé en bien des femmes des collaborateurs efficaces.
Il faudrait parler de Lydie - la commerçante de Philippes - qui semble avoir été le chef d’une communauté dans sa maison, où elle força d’habiter Paul (Ac 16. 15), Evodie et Syntyche « qui l’ont assisté dans la lutte pour l’Evangile en même temps que Clément » (Ph 4. 2-3). Ces deux femmes sont devenues elles aussi responsables de leur communauté-maison, et c’est à cause de leurs responsabilités que Paul les exhorte de se réconcilier (Ph 4. 2). Et Paul cite toujours dans le couple de Prisca et Aquilas, Prisca en premier. C’est ce couple qu’il chargea de préparer son arrivée à Ephèse puis à Rome et qu’il chargea de compléter la formation d’Apollos. Dans la lettre aux Romains, il n’oublie pas de citer les femmes en responsabilité de communauté, Marie, Tryphène et Tryphose et « …ma chère Persis, qui s’est donné beaucoup de mal dans le Seigneur » (Rm 16. 6-12).

La Femme n’existe pas.
Il y a des femmes, toutes différentes.
Marie est l’une d’elles.
Elle est le signe de la vocation de toute l’humanité, hommes et femmes, à accueillir le don de Dieu… Et à donner corps à la Parole de Dieu.
Certains hommes ont reçu un appel spécifique - à être des signes de l’Eglise - mais toutes les femmes ont vocation à rassembler et à signifier l’Eglise.

+ M. Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
le 8 mars 2009

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