11 novembre.
Jour des monuments aux morts.
Des vieux. Quelques classes d’enfants.
Des discours : devoir de mémoire oblige !
« Nous leur devons la liberté, luttons pour la garder. »
Un roulement de tambour, une trompette.
Une minute de silence. Seul moment fort.
11 novembre.
A la demande des anciens combattants,
je célèbre une messe pour les morts et les victimes de la guerre.
A vrai dire, à ceux de 14, j’ajoute ceux de toutes les guerres
et les morts de l’année pour le service du pays :
militaires en Afghanistan, gendarmes, policiers, pompiers, sauveteurs.
Là aussi, il n’y aura que des vieux.
Mais, dans la foi, nous célèbrerons la résurrection et la vie.
Les politiques ne seront pas là non plus.
« La France est laïque. »
« La religion est une affaire privée. »
(Cette dernière affirmation est constitutionnellement fausse.
La religion a le droit de s’exprimer dans le domaine public.)
Derrière ces phrases, un refus… peut-être même un risque.
Ceux qui sont morts, sont certes morts pour la Patrie
Mais ils sont morts souvent par sens du devoir,
en pensant d’abord à leur mère, à leur femme, à leurs enfants,
en priant quelquefois.
Refuser de prendre en compte les dimensions religieuses de la vie,
c’est s’exposer à faire de la Nation, une religion,
ou, au contraire, à voir la Nation se déliter :
sans reconnaître ce qui permet d’accepter le sacrifice et la mort,
il n’y a pas de possibilité de construire une vie ensemble.
+ Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
Le 8 novembre 2010