Nous célébrons le 11 février la XXème journée mondiale des malades.
Le Pape, dans le message qu’il publie à cette occasion (et que j’invite à lire), demande que l’on mette l’accent sur les « sacrements de la guérison », c’est-à-dire le sacrement de Pénitence et de Réconciliation, et sur l’Onction des malades, qui trouvent leur accomplissement naturel dans la communion eucharistique !
Sacrement de la guérison ?
Aujourd’hui, il faut être renouvelé dans la foi pour oser appeler des sacrements « sacrements de guérison »… ou alors, donner au mot guérison un sens tout à fait différent du sens usuel.
Nous avons un peu honte de demander à Dieu un coup de main.
Nous avons peur des miracles.
Nous pouvons penser qu’il y a une contradiction entre faire confiance aux médecins et faire confiance à Dieu.
D’ailleurs, n’est-ce pas cette gêne qui a conduit, depuis longtemps et pendant longtemps, à ne plus parler du sacrement des malades, mais de l’extrême-onction ? S’il n’était pas convenable de demander à Dieu la guérison, il pouvait être acceptable de lui demander de savoir bien mourir.
Les charismatiques nous ont « forcés » à changer ce regard : qu’on le veuille ou non, le Christ, dans l’Évangile, guérit. Et il a donné à son Église un véritable ministère de guérison !
Pour le chrétien, être guéri signifie accepter d’avoir été malade : la guérison est, pour lui, un signe de la guérison totale et définitive, obtenue par la mort et la Résurrection du Christ. Et ce signe peut être recherché, non pas à côté des moyens humains et de la médecine, mais au-delà. La guérison physique, pour importante qu’elle soit, est seconde, et la prière au Christ médecin vise la totalité de notre être.
La prière est alors une recherche de Celui qui donne la vie en plénitude, et le sacrement, son accueil.
Guérir appelle à une véritable activité qui ouvre sur l’éternité.
Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry – Corbeil-Essonnes
Le 6 février 2012