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Préparation de la promulgation du projet diocésain sur la catéchèse

Rencontre des prêtres et des diacres du 20 novembre 2008
Préparation de la promulgation du projet diocésain sur la catéchèse

Chers amis,

En cette première rencontre de l’année, je devrais vous parler de bien des sujets, parmi lesquels l’assemblée des Evêques à Lourdes, la publication de notre projet pastoral pour la catéchèse, le texte « 
Ensemble pour la mission », le vingtième anniversaire de la publication de Christifideles laici.

Permettez-moi de ne pas tout dire et de centrer mon propos sur notre projet pastoral pour la catéchèse, puisqu’il sera distribué le 22 aux équipes animatrices, qu’il sera promulgué le 30 novembre et devra être mis progressivement en application pour la rentrée prochaine.

A vrai dire, en abordant ce sujet, je vais, chemin faisant, donner quelques éléments sur les autres.

Il me semble important, au moment où nous sommes, de prendre le temps de regarder le but de notre catéchèse, qui est de laisser l’Esprit Saint former le disciple en celui qui demande la catéchèse.

Je sais combien il nous est difficile de regarder ce but, tant il nous semble éloigné de la réalité que nous vivons. Pour autant, nous ne pouvons pas faire évoluer la catéchèse si, de temps en temps, nous ne regardons pas vers quoi nous aimerions aller.

Former un chrétien ne peut se faire que dans l’Eglise, en reprenant conscience de ce qu’est le baptême. Aussi, mon propos se déroulera en trois temps :
- quelle image de l’Eglise faut-il avoir pour mettre en œuvre la catéchèse ?
- quelle image du fidèle chrétien faut-il avoir pour mettre en œuvre la catéchèse ?
- quelle catéchèse pour aller vers les finalités ainsi définies ?

1) Quelle image de l’Eglise faut-il avoir pour mettre en œuvre la catéchèse ?
On ne peut pas savoir ce qu’est un chrétien sans savoir ce qu’est l’Eglise.
« Le Christ est la Lumière des nations ; aussi, en annonçant l’Evangile à toute créature (cf. Mc 16, 15), le saint Concile réuni dans l’Esprit-Saint désire-t-il ardemment illuminer tous les hommes de la lumière du Christ qui resplendit sur le visage de l’Eglise. Celle-ci, pour sa part, est dans le Christ comme un sacrement ou, si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain ; elle se propose donc, en suivant de près la doctrine des précédents Conciles, de faire connaître avec plus de précision à ses fidèles et au monde entier sa nature et sa mission universelle. Ce devoir, les conditions actuelles l’imposent à l’Eglise avec une urgence accrue : il importe en effet que la communauté humaine, toujours plus étroitement unifiée par de multiples liens sociaux, techniques, culturels, puisse atteindre également sa pleine unité dans le Christ. »
Lumen Gentium, 1

Ce texte est fondateur.

Je reprends : « L’Eglise, pour sa part, est dans le Christ, comme un sacrement ou, si on veut, un signe et un moyen d’opérer l’unité intime avec Dieu et l’unité de tout le gente humain ».

Il ne faut jamais arrêter de méditer ce passage !

Le Synode de 1985, méditant ce texte comme l’ensemble des textes du Concile, a voulu le résumer en affirmant que l’Eglise est une communion.

A vrai dire, le Synode donne ici deux sens complémentaires au mot « communion ».
a) L’Église est d’origine sacramentelle, fondée dans et par le mystère pascal qu’elle célèbre dans l’Eucharistie, et dans lequel chacun entre par le baptême.
Dire cela, c’est dire, en employant le vocabulaire théologique ancien, que la « res » du sacrement Eglise, c’est le Christ mort sur la Croix et vivant aujourd’hui : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ! ». Dire cela, c’est dire que la communauté anticipe la victoire du Christ et le rassemblement de l’humanité en lui.

b) Le signe donné est celui d’une communion humaine de personnes qui - comme Marie - disent « oui » et qui sont disposées à mettre en œuvre la volonté de Dieu sur elles, sur leurs frères et sur le monde… Je souligne « comme Marie », parce qu’elle ne dit pas « oui » pour elle, mais pour le monde, pour donner le Verbe au monde. Il n’y a pas de communauté chrétienne qui puisse ne pas être missionnaire.

Saint Paul, pour faire comprendre ce qu’est l’Eglise, utilise l’analogie nuptiale, comme pour faire comprendre que la communauté - comme la femme - est à la fois potentiellement épouse et mère.

Cette analogie fait comprendre, par ses éléments fondamentaux :
- qu’il y a une différence entre le Christ et l’Eglise, même s’il y a unité.
- que cette unité doit se fonder dans une relation intime.
- et qu’elle est destinée à la fécondité.

« Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et c’est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie. » 1 Jn 1. 3-4

Il est vrai que la communauté chrétienne est chahutée par le monde moderne, mais vivre, à la suite du Concile, n’est-ce pas lui révéler ce qu’elle est en profondeur ?

2) Quelle est l’image que nous devons avoir du fidèle chrétien ?
Il faudrait ici reprendre tout Christifideles laici (nous sommes tous des Christ fidèles – Jean-Paul II).

« Par le baptême chrétien nous devenons fils ou filles de Dieu, dans son Fils unique, Jésus-Christ. Au sortir des eaux des fonts baptismaux, chaque chrétien entend à nouveau la voix qui fut entendue un jour sur les rives du Jourdain : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur » (Lc 3, 22), et il comprend ainsi qu’il a été associé au Fils bien-aimé, en devenant fils adoptif (cf. Ga 4, 4-7) et frère du Christ. Ainsi se réalise dans l’histoire de chaque homme l’éternel dessein de Dieu : « Ceux qu’Il connaissait par avance, Il les a aussi destinés à être l’image de son Fils, pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29).

C’est l’Esprit Saint qui fait que les baptisés sont fils ou filles de Dieu et en même temps membres du Corps du Christ. Saint Paul le rappelle aux chrétiens de Corinthe : « Nous avons tous été baptisés dans l’unique Esprit, pour former un seul corps » (1 Co 12, 13), de sorte que l’Apôtre peut dire à ses fidèles laïcs : « Vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps » (1 Co 12, 27) ; « et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé par Dieu, l’Esprit de son Fils est dans nos coeurs » (Ga 4, 6 ; cf. Rm 8, 15-16) Christifideles laici, 11
Là encore, il faudrait le temps de méditer longuement ! Il faudrait notamment prendre conscience que, si les baptisés sont le corps du Christ tous ensemble, ils sont ensemble insérés dans l’histoire - les corps vivent dans l’espace et dans le temps, ayant ensemble la même responsabilité, même s’ils ne l’exercent pas de la même manière -.

J’aimerais souligner ici deux points :
a) Etre chrétien, c’est devenir progressivement soi-même, c’est-à-dire pouvoir dire :
« Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd’hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi. » Ga 2. 20
Il n’y a pas de vie chrétienne sans cette volonté de se laisser convertir et devenir totalement le Christ… et pouvoir dire : « Avec le Christ, je suis un crucifié » (Ga 2. 19).
Mourir au péché, c’est devenir totalement Fils.

b) Etre chrétien prend la vie entière : il nous faut sans cesse chasser le dualisme en nous : sacré-profane, et sans doute même spirituel-temporel : la vie, toute la vie, est marquée par l’Incarnation. En Christ, les deux natures sont distinctes, mais inséparables.

Beaucoup de personnes ont aujourd’hui besoin d’une identité claire… et savoir, au point de pouvoir l’exprimer, où elles sont et qui elles sont. Il est vrai qu’il existe des maladies de l’identité et des repliements quelquefois criminels. Mais comment ne pas être fiers de notre identité chrétienne, et comment ne pas faire partager cette fierté…même si la Croix du Christ nous rappelle sans cesse que cette fierté ne doit pas nous amener à revendiquer un quelconque pouvoir ?
Par contre, elle doit conduire à prendre notre place dans le monde : Dieu l’a confié à la liberté de l’homme pour entrer dans l’histoire. En ce domaine, il va d’échec en échec, parce que l’homme n’accepte jamais pleinement cela… mais Dieu multiplie les Alliances.
Il est vrai que, parmi les Christifideles, il existe des vocations particulières… et certaines sont institutionnelles. Elles sont toujours au service de la communion ecclésiale.

3) Quelle catéchèse ?
Il s’agit donc de permettre à chaque fidèle d’atteindre sa pleine maturité chrétienne en se laissant transformer par l’Esprit Saint.
L’important de la catéchèse, c’est la rencontre avec le Christ… et la vie avec lui.
Dans le Nouveau Testament, je remarque huit étapes :
- la rencontre
- la marche avec lui
- la vie avec lui
- l’écoute (à qui irions-nous ?)
- la compréhension de l’intérieur dans les sentiments du Christ (probablement don de soi).
- la communion dans la Pâque
- l’accueil des dons de l’Esprit
- la soif de donner son témoignage.

Notre Synode, comme le Synode romain et le projet pour la catéchèse, insiste pour mettre en chemin sur la nécessité d’écouter la Parole de Dieu ensemble … pas la théoriser, pas l’enseigner d’abord, l’écouter tous ensemble comme chercheurs de Dieu. A la Conférence épiscopale, nous avons commencé nos journées par des partages d’Evangile. Ce n’est pas le plus facile… mais l’important c’est de le rencontrer et de prendre conscience que

« Frères, je tombe à genoux devant le Père, qui est la source de toute paternité au ciel et sur la terre. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance par son Esprit, pour rendre fort l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos coeurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur... Vous connaîtrez l’amour du Christ qui surpasse tout ce qu’on peut connaître. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans la plénitude de Dieu. » Ep 3. 14-19

Rencontrer et demeurer nécessite non seulement une expérience - qui peut naître dans l’écoute de la Parole et notamment dans la liturgie -, mais un enracinement de cette Parole. Nombreux sont ceux qui font des expériences, qui leur chauffent le cœur, mais qui n’ont pas de lendemain, comme si, étant tombée en chemin, la semence n’avait pas pris racine en eux.
D’où l’importance de notre rôle.
Je n’insiste pas sur l’ouverture au sens de la liturgie.
Et pourtant ! Ce qui s’est dit au Synode sur la beauté de la liturgie et sur l’homélie mériterait d’être longuement développé.
Je me permets d’insister sur l’enseignement.
Il ne doit pas être négligé ! Soyons clairs, sans enseignement, l’intelligence risque d’être remplacée par l’utopie ou le moralisme. Il nous faudra des documents. Mais comment ne pas redire ici que, dès maintenant, on peut se servir du catéchisme des Evêques de France et de son mode d’emploi, du catéchisme de l’Eglise catholique et du Compendium de la doctrine sociale ?
Qu’il serait bon que chaque catéchisé puisse se dire : c’est beau (il y a une beauté de la Révélation prise dans son ensemble), c’est raisonnable, c’est brûlant au point que j’ai envie d’en témoigner.

Mais il n’y a pas de catéchèse sans appel à la conversion. Je veux dire que la catéchèse doit chercher à permettre d’aller du monde au Christ – et ainsi de permettre à chacun de vivre son sacerdoce par la « consecratio mundi -, et du Christ au monde - car Dieu est toujours premier et prévenant -.

Je n’ai pas voulu entrer dans le détail de ce que nous allons dire le 22, mais plutôt vous donner le fond de ce qui m’habite.

Notre responsabilité propre est de faire en sorte que la communauté prenne en charge la catéchèse. Le prêtre, par l’Eucharistie, est signe d’un amour de Dieu qui, par la Croix, réussit au-delà de la Croix à rassembler l’humanité dans sa communauté. Nous devons être sans cesse les hommes qui transmettent cet appel de Dieu. Comment le faire seul ? Comment ne pas chercher, à temps et à contre-temps, des fidèles laïcs amoureux du Christ pour y arriver ensemble ?

J’ai délibérément parlé des adultes…mais il est évident qu’il ne faut pas oublier les enfants et les jeunes.

« L’oeuvre éducative de Dieu se révèle et s’achève en Jésus, le Maître, et elle touche, par le dedans, le coeur de tout homme, grâce à la présence dynamique de l’Esprit. L’Eglise-mère est appelée à s’associer à cette oeuvre d’éducation divine, l’Eglise tant en elle-même que dans ses diverses articulations et expressions. C’est ainsi que les fidèles laïcs sont formés par l’Eglise et dans l’Eglise, dans une communion et collaboration réciproque de tous ses membres : prêtres, religieux et fidèles laïcs. C’est ainsi que la communauté ecclésiale tout entière, dans la variété de ses membres, reçoit la fécondité de l’Esprit et y apporte sa collaboration. C’est en ce sens que Méthode d’Olympe écrivait : « Les imparfaits ... sont portés et formés, comme dans le sein d’une mère, par ceux qui sont plus parfaits, afin qu’ils soient conçus et engendrés par la grandeur et la beauté de la vertu »(217) ; c’est ce qui se produisit pour Saint Paul, porté et introduit dans l’Eglise par les chrétiens formés (en la personne d’Ananie) et devenu ensuite à son tour parfait et père spirituel de tant de fils ! »

« A l’intérieur de l’Eglise particulière ou diocèse, se situe et agit la paroisse, qui a un rôle essentiel dans la formation plus immédiate et personnelle des fidèles laïcs. En effet, ayant plus de facilité à atteindre chaque personne en particulier et chaque groupe, la paroisse est appelée à former ses membres à l’écoute de la Parole de Dieu, au dialogue liturgique et personnel avec Dieu, à la vie de charité fraternelle, et à faire percevoir d’une façon plus directe et concrète le sens de la communion ecclésiale et de la responsabilité missionnaire ». Christifideles laici, 61

+ M. Dubost
Evêque d’Evry-Corbeil-Essonnes
Le 21 novembre

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