La constatation de Jésus
n’est pas l’expression d’une résignation
mais un appel à ne pas se servir
du prétexte des pauvres pour l’oublier, Lui.
Mais c’est aussi un appel à, sans cesse,
faire attention, repérer, agir.
Agir ?
D’abord personnellement !
Le pauvre est un frère.
L’argent, le milieu social, la culture
peuvent faire obstacle à la rencontre :
malheur aux riches s’ils demeurent
prisonniers de ces obstacles
et ignorent cette fraternité de base !
La fraternité consiste d’abord à savoir recevoir.
Le mot pauvre (étymologiquement)
veut dire qui produit, possède peu.
Mais avec ce qu’il a, le pauvre a le droit
(et le devoir) de partager, de donner.
Agir ensuite en communauté chrétienne.
La question n’est pas simple !
Comment faire pour que le pauvre
ne soit pas exclu, ne se sente pas rejeté ?
C’est sans doute une question pour le synode,
mais, en attendant, c’est une raison
pour encourager les pèlerinages :
à Lourdes, nous sommes tous pauvres,
ensemble !
Agir enfin, politiquement.
Il est insupportable qu’il existe des indigents,
c’est-à-dire (étymologiquement)
des personnes qui manquent...
Qui manquent de logement
(c’est une plaie du département)
de papiers, d’argent pour finir le mois,
de transports...
Ne disons pas : " il n’y a qu’à ",
ni " aux politiques de s’en occuper ".
Les problèmes sont impossibles à résoudre
sans que nous acceptions de partager,
de remettre en cause des avantages
et sans que nous entrions dans la réflexion
et le débat.
† Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes