Contact S'identifier
Diocèse d'Evry - Corbeil Essonnes - AccueilDiocèse d'Evry - Corbeil Essonnes - Accueil

Catholiques en Essonne

Donner en ligne

Accueil > Actualité, agenda, événements > Homélies > Dimanche 25 mars 2019 - Prise de parole : Une année jubilaire en période (...)

Dimanche 25 mars 2019 - Prise de parole :
Une année jubilaire en période troublée

Notre-Dame-de-Bonne-Garde a été solennellement proclamée patronne du diocèse le 31 mai 1969. Depuis 50 ans, la Vierge Marie et la basilique de Longpont ont tenu une place très spéciale au cœur de notre diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes. Cet anniversaire va donner lieu à un Jubilé qui s’est ouvert le dimanche 24 mars, veille de la fête de l’Annonciation, et qui s’achèvera le dimanche 8 décembre 2019, fête de l’Immaculée Conception.
Homélie de Mgr Pansard

Frères et sœurs bien aimés de Dieu !

Le Père Frédéric Gatineau, gardien de la mémoire du diocèse a attiré mon attention sur le fait qu’il y a 50 ans Mgr Malbois choisissait Notre-Dame de Bonne Garde comme patronne de ce nouveau-né qu’était notre diocèse alors âgé de 3 ans. Il m’a suggéré cette année jubilaire. Le 31 mai 1969 Mgr Malbois disait :
« Notre geste confiant de ce soir n’est pas un geste de facilité. Il ne s’agit pas pour nous de nous reposer sur Notre-Dame d’une tâche dans laquelle, nous aussi, nous sommes engagés. Ce n’est pas une superficielle assurance que nous trouvons ici. Si nous consacrons le diocèse, nous nous consacrons aussi au service du diocèse et nous prenons Marie comme guide. »

50 ans après, en ouvrant cette année jubilaire, nous pouvons lui demander : Marie, toi qui as écouté la Parole du Seigneur, qu’as-tu encore à nous dire, à dire à notre diocèse à travers cette page d’Évangile ?
Vous le savez, tout a commencé par la salutation du messager de Dieu à Marie : « je te salue comblée de grâce ». L’ange salue Marie, il l’assure de la présence, de la proximité de Dieu : « le Seigneur est avec toi ».

Avez-vous remarqué que cette même salutation vous est régulièrement adressée : « Le seigneur soit avec vous, le Seigneur est avec vous ». Et c’est pour de vrai ! Il est avec vous, avec nous, car je suis aussi avec vous destinataire de cette salutation. Il est avec nous qui sommes assemblés ce soir en cette Basilique. Il est avec vous, jeunes de notre diocèse, jeunes de moins de 30 ans qui constituez 50% de la population de notre département. Il est avec vous, les 126 catéchumènes que j’ai appelés aux sacrements de l’initiation chrétienne.
Il est avec vous, natifs de sur cette terre de l’Essonne ou venus des quatre coins de la république ou encore de tous les horizons de notre planète ! Ici, avec des frères et sœurs, dans la foi, vous continuez à conduire vos vies les yeux fixés sur Jésus le Christ. Ici, chacun pour votre part, vous essayez de répondre aux appels du Seigneur qui ne cessent de solliciter nos vies.
Il est avec vous dans la diversité des communautés chrétiennes qui, dans nos villes, nos quartiers et nos villages, essayent de témoigner de la force de transformation et de rassemblement qu’opère encore l’Évangile qu’est le Christ.
Le Seigneur est avec toi qui fais l’expérience de la fragilité et de la dépendance, quand tes forces diminuent et que ta santé est éprouvée.
Il est avec toi, pauvre pécheur. Comme Pierre, ose lui dire que tu l’aimes pour l’entendre te dire qu’il compte encore sur toi, qu’un don, un pardon, un chemin est encore possible.
Le Seigneur est avec toi qui ne le sais pas encore. Le Seigneur est avec toi qui m’écoutes.
Alors, ne crains pas ! Ne craignez pas ! Vous avez reçu son Esprit !

L’histoire de Marie n’est pas une histoire d’hier, ce n’est pas une histoire uniquement pour les autres, c’est aussi mon histoire, ton histoire, notre histoire maintenant !
Ne cessez pas d’être étonnés par cette présence du Seigneur à nos vies car il nous aime, il nous fait confiance !
Marie n’est pas la plus forte, la plus grande, la plus savante des femmes de son temps aux yeux du monde, mais elle est humble et disponible, elle découvre que le Seigneur a besoin d’elle. Le Seigneur compte sur elle pour une mission.
Cet appel bouscule ses projets. Cette vocation dépasse de toute part ses possibilités… porter, enfanter le Fils du Très Haut, la Parole engagée de Dieu pour le donner, nous le donner.
Marie ne comprend pas tout de suite. Elle n’hésite pas à poser des questions pour mieux comprendre : « comment cela se fera-t-il ? »
Toi aussi qui m’écoutes, personnellement et en communauté, n’aie pas peur de poser des questions au Seigneur. N’aie pas peur de poser des questions à telle ou telle personne en qui tu as confiance non pour qu’elle réponde à ta place, mais pour qu’elle t’aide mieux comprendre, pour y voir clair, discerner et mieux saisir la manière dont le Seigneur compte sur toi, sur vous ?

Il compte sur toi ! Sur nous !
Dans le même évangile de Luc, il est un acteur que j’aime bien. Nous le retrouverons dans quelques semaines aux jours de la Passion. C’est un petit âne qui va porter Jésus pour son entrée à Jérusalem. Des personnes interrogent les disciples : " pourquoi le détachez-vous ? " Ils répondent parce que le Seigneur en a besoin ! J’aime me reconnaître dans ce petit âne, j’aime vous inviter personnellement et inviter les communautés à se reconnaître dans ce petit âne dont le Seigneur a besoin pour le porter.
Pour le porter, le Seigneur a eu besoin de Marie, de Joseph, de Pierre, Jacques et Jean, de la Samaritaine, de Marie-Madeleine, de Marthe et Marie, de Zachée, du jeune homme riche, de Paul... Il a eu besoin de tant d’hommes, de femmes, de jeunes tout au long de l’histoire... comme il a besoin de toi, de moi, de nos communautés pour prendre notre part à la vie et la mission que le Jésus ressuscité confie à son Église : « comme le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie » (Jn 20.)
Quand Marie a mieux compris ce que Seigneur attend d’elle, avez-vous remarqué qu’elle ne répond pas comme nous le faisons souvent : Ok, j’ai compris, alors je vais le faire ? Marie, dit plutôt, maintenant que je comprends mieux ce que tu attends de moi, Seigneur fais-le, en moi et avec moi. Oui, je le veux avec Toi. Oui, je le veux avec la grâce de Dieu. « Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta parole ».

Permettez-moi de vous donner un conseil valable pour nos vies personnelles comme pour celles de nos communautés. Chaque fois que se pose la question : qu’est-ce que je dois faire ? Que devons-nous faire ? Prenez le temps de la réflexion ! Le Seigneur nous a donné une intelligence, une raison, c’est pour s’en servir ! Mais ne vous contentez pas de cela, en informant le Seigneur du résultat de votre réflexion ! Comme des chrétiens qui prient souvent Dieu en lui demandant « que ta volonté soit faite », comme Marie, demandez-vous aussi : dans le choix que j’ai à faire, que nous avons à faire, Seigneur qu’est-ce que tu attends de moi, de nous ? Quelle parole du Seigneur, quel geste du Seigneur nous ont mis en route, nous ont marqués et peuvent continuer à guider nos pas ? Pour cela, gardez l’habitude de la prière quotidienne, gardez l’habitude de l’écoute du Seigneur. C’est une des meilleures connexions sans fil que je connaisse.

50 ans après, successeur de Mgr Albert Malbois, Guy Herbulot et Michel Dubost, je vous invite les yeux fixés sur Jésus-Christ, à entrer dans le combat de Dieu (antienne de carême) en vous confiant à Marie comme y invitait il y 50 ans le premier évêque de notre diocèse. « Nous acceptons ce soir qu’Elle nous rappelle à l’ordre constamment, qu’Elle nous enseigne, au travers de l’Évangile, la Foi, l’Espérance, l’Amour de Dieu et de nos frères - qu’Elle nous apprenne l’humilité, l’obéissance, le sacrifice, la chasteté. Sous son regard, nous nous remettons en question, nous remettons en question notre comportement, nos attitudes en famille, au travail, dans nos relations : quel visage du Christ est-ce que je manifeste ? »

Nous ouvrons cette année jubilaire en une période troublée de la vie du monde avec des dysfonctionnements, des incohérences, des violences, des injustices dans notre vie en société comme dans le souci de la sauvegarde de notre maison commune, de la création. Dysfonctionnements et incohérences du cœur de l’homme. Cela ne doit pas nous empêcher de voir tout ce que font ceux qui ne baissent pas les bras et qui prennent leur part, qui agissent et qui aiment, sans lesquels notre monde ne tiendrait pas.

Mais c’est aussi l’actualité de la vie de notre Église qui est troublée. Dans l’actualité de notre Église, il y a ces centaines d’adultes qui demandent à recevoir les sacrements initiant à la vie chrétienne. Ils nous témoignent que la rencontre du Christ et de son Évangile change aujourd’hui encore la vie. Ils chantent volontiers avec la mère du seigneur : « Le Seigneur fait pour moi des merveilles  ». Mais je sais aussi que beaucoup d’entre vous, membres du saint peuple de Dieu (fidèles du Christ : laïcs, religieux, religieuses, diacres, prêtres) s’interrogent, sont choqués, blessés par les scandales de violences, d’abus sexuel et de pouvoir, envers des mineurs ou des adultes par des personnes en responsabilité dans l’Église, des religieux, des diacres, des prêtres, des évêques, des cardinaux. Leurs mains et leurs paroles qui auraient dû être porteuses de bénédiction et d’Évangile : ce qui est bon et nouveau de la part de Dieu pour les hommes, ont été porteuses de violences destructrices. La souffrance des victimes a été longue, trop longue à entendre. Un souci d’éviter les vagues ou le scandale a étouffé la vérité dans notre Église comme d’ailleurs dans beaucoup de familles.
Cela nous fait mal, me fait mal ! C’est aussi notre confiance qui est mise à mal, confiance dans l’Église et ses responsables, confiance entre nous, confiance peut-être aussi en Dieu. Le trouble est grand, parce que le mal, le péché est grave ! Comme une pierre sur le chemin (skandalon, piège en grec), il peut nous faire tomber. Ayant mis notre foi en Jésus le Christ dans son Église, nous pouvons être comme les disciples d’Emmaüs après l’échec, la mort de Jésus retournant chez eux avec leurs espoirs déçus, le cœur lourd de tristesse.

Permettez-moi de vous inviter à ne pas porter seuls ce qui dans l’actualité de notre Église vous fait mal, nous fait mal parce que cela a fait mal à des petits. Comme dans une famille, comme avec des amis, comme des frères et sœurs, nous avons besoin de nous soutenir, d’en parler entre nous, de partager ce qui nous fait mal, ce qui nous scandalise, ce qui nous paraît incohérent, ce que nous ne comprenons pas… Comme dans tous les grands moments de crise qui ont jalonné l’histoire de l’Église, avec les conversions et réformes à vivre, nous avons besoin, aujourd’hui encore, de repartir de Jésus le Christ ressuscité pour qu’il nous entraîne à nouveau au large (Lc 5,4).
Nous avons aussi besoin de nous dire, ce qui à tous les niveaux de notre vie ecclésiale a besoin d’être ajusté, corrigé, amélioré. Alors n’ayez pas peur d’en parler entre vous, de discerner, de prier… !

Un chant qui reprend des paroles de Saint Bernard, nous invite à vivre ce temps :
Si tu heurtes le rocher des épreuves…
Si l’orage des passions se déchaîne…
Si devant la gravité de tes fautes, tu es tourmenté…
Dans l’angoisse et les périls, le doute, quand la nuit du désespoir te recouvre…
Si ton cœur est englouti dans le gouffre, emporté par les courants de tristesse…
Regarde l’étoile, invoque Marie, si tu la suis, tu ne crains rien.
Regarde l’étoile, invoque Marie, Elle te conduit sur le chemin.

Car Marie, Notre-Dame de Bonne Garde n’a qu’une mission, celle de ne cesser de nous dire : « faites ce qu’il vous dira » ; celle de nous donner ce qui lui est le plus cher et qu’elle tient dans ses bras, Jésus son fils.
N’ayons pas peur de lui demander : Mère de l’Évangile vivant, source de joie pour les petits, prie pour nous pauvres pécheurs.

Amen

Télécharger le texte

Mgr Michel Pansard
En août, le pape François appelle à prier pour les familles
La Croix