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Ordinations presbytérales
dimanche 24 juin 2018
Homélie de Mgr Pansard

« J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. »
« Il m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur ».
« C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère.
Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis ».

Ces passages des écritures retenus pour la fête de la nativité du Baptiste, soulignent que sa mission vient de Dieu. Il s’engage et remplit cette mission en s’y donnant tout entier, sans jamais en oublier la source.

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, savons-nous reconnaître que nous tous sommes aimés de Dieu et que tous, nous sommes en ce monde pour une mission, pour y jouer un rôle, pour y avoir une part ?
Croyons-nous que nous ne sommes pas nés par hasard et que nous n’agissons pas par hasard ? Que notre vie n’est pas sans but, sans orientation, sans projet ?
Croyons-nous que nous sommes appelés à la vie, que nous avons du prix aux yeux du Seigneur, que nous sommes aimés et appelés à coopérer à son projet d’alliance avec Lui et entre nous ? Ce projet d’alliance nous dépasse mais, en même temps, il donne de la saveur, du sens et de l’importance à chacune de nos vies.
Tissés dans le sein de notre mère. Avons-nous été appelés ? Oui ! Chacun de nous a reçu une vocation divine, chacun de nous est appelé à la vie par le Seigneur, appelé à l’existence, appelé à vivre à l’image et ressemblance de Dieu. Chacun des disciples du Christ que nous sommes, est appelé à vivre le commandement nouveau : « Comme moi je vous ai aimé, aimez-vous les uns les autres. » Ou pour dire autrement, disciples du Christ notre commun appel n’est-il pas : conduit-toi à l’égard de tes frères et de tes sœurs de la manière dont tu as goûté que Lui, le Seigneur, se conduit vis-à-vis de toi ! Ou encore : donne ce que tu as reçu !

Son nom est Jean !
Nous connaissons vos noms : Richardson, Joël, David et Magloire.
Nous connaissons nos noms Zacharie, Élisabeth, Guy, Michel, Marie, Catherine, Marguerite…
Mais nous pourrions aussi dire que notre nom à tous est Jean. Ce nom dit bien ce que nous sommes et ce que nous sommes appelés à vivre dans la diversité des dons, des vocations et des ministères. « Dieu fait grâce, Dieu pardonne », c’est ce que signifie Jean.

En devenant prêtres de Jésus-Christ, vous devenez, à un titre particulier, serviteurs de la grâce de Dieu pour les hommes :
• Témoins par vos paroles et vos actes que Dieu ne cesse de donner et de se donner par-delà le premier don, de pardonner.
• Témoins de Dieu qui nous entraîne dans son dynamisme de vie, cette vie véritable dont le secret est la vie donnée.

De cela vous devenez ministres en servant la vie et la foi de vos frères et sœurs, dans la foi et en humanité, en servant la vie et la foi des communautés vers qui vous serez envoyés.

À temps et à contretemps vous aurez à témoigner par vos paroles, mais aussi par la qualité de votre regard, des gestes et des actes de vos vies et de votre ministère que Dieu fait, grâce en Jésus son Fils.

Témoins d’Évangile, de ce qui est bon et nouveau de la part de Dieu pour les hommes, témoignez de Dieu qui de toujours à toujours s’engage passionnément contre tout ce qui fait mal aux hommes et les enferme dans un horizon borné.
En fidélité à l’Évangile, votre parole, à la manière de Jean-le-Baptiste, pourra avoir le tranchant de la vérité si en même temps elle est marquée du sceau de l’amour passionné de Dieu pour son peuple.

L’amour des pasteurs pour ceux avec qui ils sont chrétiens, et à qui ils sont envoyés comme prêtre, est cette charité pastorale qui ne condamne pas mais appelle à la conversion en faisant découvrir « toi aussi tu es aimé de Dieu ».

La charité pastorale travaille à faire tomber l’enduit qui rend imperméable à la grâce, comme l’écrivait si bien Charles Péguy : « On a vu les jeux incroyables de la grâce pénétrer une mauvaise âme et même une âme perverse et on a vu sauver ce qui paraissait perdu. Mais on n’a pas vu mouiller ce qui était verni, on n’a pas vu traverser ce qui était imperméable, on n’a pas vu tremper ce qui était habitué… Les « honnêtes gens » ne mouillent pas à la grâce… les honnêtes gens, ou enfin ceux qu’on nomme tels, et qui aiment à se nommer tels, n’ont point de défauts eux-mêmes dans l’armure. Ils ne sont pas blessés... Ils ne présentent point cette ouverture que fait une affreuse blessure, une inoubliable détresse, un regret invincible, un point de suture éternellement mal joint... Ils ne présentent pas cette entrée à la grâce qu’est essentiellement le péché. Parce qu’ils ne sont pas blessés, ils ne sont pas vulnérables. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte rien. Parce qu’ils ne manquent de rien, on ne leur apporte pas ce qui est tout. La charité même de Dieu ne panse point celui qui n’a pas de plaies. C’est parce qu’un homme était par terre que le Samaritain le ramassa... Or celui qui n’est pas tombé ne sera jamais ramassé ; et celui qui n’est pas sale ne sera pas essuyé. »

Vous serez des serviteurs de la grâce de Dieu en particulier dans la célébration du sacrifice eucharistique où nous sommes sans cesse remis en présence de l’amour total du Christ pour les siens, pour nous et pour la multitude en rémission des péchés. C’est là que nous sommes nourris et entraînés par lui à faire de nos propres vies des vies données, comme nous le demandons dans une prière eucharistique : que l’Esprit-Saint fasse de nous une éternelle offrande… (PE III).

Vous serez des serviteurs de la grâce de Dieu en célébrant le sacrement de pénitence et de réconciliation où par le ministère de l’Église, vous pardonnerez tous les péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

Vous serez des serviteurs de la grâce de Dieu en servant jour après jour l’unité et la communion de l’Église, dans la diversité des vocations, des services, des charismes et des ministères qui constituent le peuple de Dieu en particulier en soutenant, fortifiant et servant la vocation de vos frères et sœurs fidèles du Christ.

Vous serez des serviteurs de la grâce de Dieu en vous engageant activement dans la fraternité sacramentelle d’un presbyterium en communion avec votre évêque, c’est-à-dire en communiant à l’intention que moi ou mes successeurs vous demanderont. Comme, pour ma part, j’aurai à vous associer réellement comme coopérateur de mon ministère pour l’Église de Dieu qui est en Essonne.

Vous serez des serviteurs de la grâce de Dieu en ne cessant jamais vous-même de puiser et boire à la source à laquelle vous conduirez vos frères, comme vous allez l’exprimer par ce : « Oui, je le veux, Oui je le veux… avec la grâce de Dieu ».

La consigne de Paul aux Colossiens vaut à plus forte raison pour le ministère presbytéral que vous recevez : «  Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus-Christ, en offrant par lui, votre action de grâce à Dieu le Père . » (Col 3, 17)

Amen

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(1) Charles Péguy, Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne in Œuvres en prose, 1909-1914, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1959, p. 1397.

Mgr Michel Pansard
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La Croix