Le 15 janvier, nous célèbrerons la 98ème journée mondiale du migrant et du réfugié…98ème ! Le problème n’est pas d’aujourd’hui.
Le Pape nous invite à réfléchir en ce jour à ce que signifie l’évangélisation, la nouvelle évangélisation, dans notre monde « brassé » culturellement, socialement, ethniquement.
Le chantier est immense : ce « brassage » survient dans un contexte lui-même en rapide évolution, et il n’est pas facile de démêler les causes des effets.
Pour ma part, j’insisterais volontiers sur trois appels :
Beaucoup de migrants arrivent en France avec l’idée d’une France vide au point de vue religieux (c’est leur idée de la laïcité), et dans laquelle ils devront « défendre » leur droit à avoir une religion. D’où, quelquefois, chez certains, un sens très vif de la revendication religieuse. Leur sentiment nous interroge : comment vivre notre foi dans cette société, de manière à ce que notre pays n’apparaisse pas « vide » de toute foi ?
Un certain nombre de nos concitoyens semblent penser que les étrangers qui arrivent en France resteront… étrangers et refuseront notre culture. L’idée est étrange ! Tout d’abord, elle fixe les citoyens dans leur origine ! Certes, nous aimons quelquefois nous décrire comme Bretons ou Savoyards, mais nous savons que nous sommes d’abord Français. Pourquoi en serait-il autrement pour ceux qui ont des origines africaines ou asiatiques ? Bien plus, cette opinion semble manifester un manque de confiance dans ce que nous sommes, dans notre culture et dans nos « valeurs ». Soyons de vrais Français, critiques et démocrates, soyons de bons chrétiens : nous enrichissant de ce que nous apportent les « étrangers » en restant nous-mêmes.
Dans notre département, beaucoup d’étrangers sont des étudiants. Je passe sur leurs ennuis administratifs, en tous points incompréhensibles, et je cite le Pape : « Les communautés chrétiennes doivent être sensibles à l’égard de nombreux jeunes garçons et filles qui, précisément en raison de leur jeune âge, outre la croissance culturelle, ont besoin de points de référence et cultivent dans leur cœur une profonde soif de vérité et le désir de rencontrer Dieu. »
A nous de savoir les accueillir !
Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry – Corbeil-Essonnes
Le 9 janvier 2012