L’affaire du préservatif est devenue une affaire d’État.
En quelques phrases le Pape a réussi à faire l’unanimité contre lui.
Et l’Église est devenue inaudible.
Je remarque cependant que le Pape n’a jamais dit « n’utilisez pas le préservatif ». Il a dit « ce n’est pas une solution au problème du Sida ». Il y a une nuance. Et cela prend un tour particulier lorsqu’on lit dans les journaux que beaucoup, aujourd’hui, malgré toutes les campagnes d’information ne se protègent pas avec le préservatif…
Que l’on me permette cinq remarques :
* Si un ami est en train de se noyer dans une baignade interdite, je ne lui dis pas "c’est bien fait", je lui lance une bouée. Chacun a le droit et le devoir de se protéger et de protéger les autres contre la mort… y compris avec le préservatif.
- Il est bien d’être pour ou contre le latex, mais il est mieux d’entourer les malades, de les soigner et d’éradiquer la maladie. Le Sidaction, quelles que soient les modalités de ces actions poursuit un noble but.
- Le matraquage en faveur du préservatif oublie les questions humaines qui sont à l’origine d’une partie de la pandémie : misère, proximité, manque d’éducation, solitude affective : il est évidemment plus facile de donner une recette que de résoudre ces problèmes. En fait jamais un problème humain ne se résout par une technique : le manque de succès du préservatif dans certains milieux en est une preuve.
- Faire de la publicité pour le préservatif en laissant entendre que c’est la solution du SIDA est à peu près aussi intelligent que de faire une campagne pour la prévention des accidents de moto en disant seulement : « mettez un casque, il n’y aura plus de problème » et en oubliant de parler du code de la route, de l’entretien de la moto, de la vitesse ou du blouson de cuir. Quand l’homme est en question, il est bon de le faire réfléchir plutôt que de parler par slogan. Il est aussi bon de lui faire confiance et de croire que l’appel à la fidélité peut être plus responsable que de dire « vous ne craignez rien avec un préservatif » !
- Nous devrions lire davantage les journaux : ils donnent des précisions sur ce que dit le pape… Mais dans les médias radio et télévision. L’Afrique n’intéresse pas….
+ M. Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
le 20 mars 2009
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