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Fleurs de verre, tradition et modernité

Le thème : l’Arbre de Jessé

L’Arbre de Jessé, thème de la commande contemporaine des vitraux de l’actuelle église de Varennes-Jarcy, est emprunté au passé médiéval de cette commune. C’était, au début du XIIIème, le sujet d’un vitrail de l’église romane de Gercy, transformée en abbatiale en 1269 et détruite à la fin du XVIIIème. Deux panneaux de la verrière réalisée vers 1215, remontés temporairement au XIXème à l’église de Varennes, sont actuellement déposés au musée national du Moyen-Âge (Thermes de Cluny, à Paris), aux côtés d’un médaillon de la légende de saint Martin provenant également de l’ancienne abbatiale de Gercy.

L’Arbre de Jessé est l’illustration de la prophétie d’Isaïe liée à la généalogie symbolique du Christ. Selon le texte du prophète, du coeur de Jessé, père de David, figuré sous les traits d’un vieillard endormi, naît un arbre qui porte les rois de l’Ancien Testament jusqu’à la Vierge et au Christ qui en constitue le fleuron terminal.

Les premières représentations vitrées de ce thème datent du XIIème. On doit à l’abbé Suger d’en avoir fixé le shéma de composition vers 1140 pour une verrière du déambulatoire de l’abbatiale de Saint-Denis, encore visible aujourd’hui sur place.

Un ensemble homogène

Le projet de vitraux contemporains présenté par Carole Benzaken fait référence à ces compositions imagées du monde végétal au point d’en soustraire la figure humaine très présente dans l’illustration initiale du songe.
L’ensemble, développé à partir du thème floral de la tulipe est particulièrement homogène, et permet d’associer dans un même élan les dix verrières de l’église, constituées de lancettes en plein cintre, de hauteurs différentes. Au triplet du chevet ne répond qu’une baie haute en façade, et les fenêtes latérales sont réparties de façon asymétrique : quatre au sud, deux au nord.

Chaque verrière peut être appréciée individuellement, mais chacune participe par sa composition et son coloris d’un ensemble que l’artiste a savamment composé.

Une lente progression chromatique partant d’une dominante jaune en façade circule d’ouest en est dans les fenêtres latérales où le jaune disparaît peu à peu, au profit du rouge et de l’orange au sud, et du rose lilas et du blanc au nord.
Le bouquet floral que constitue le triplet du chevet est l’aboutissement chromatique de l’ensemble : les fleurs pourpres de la fenêtre de gauche terminent le cycle des fenêtres septentrionales, les corolles rouges de celle de droite prolongent les tons chauds des baies méridionales.
A la lancette centrale, apothéose de cette composition, le vert ou plutôt "les verts" riches et subtils des tiges et des feuilles dominent, ponctués ici et là de pétales, mais plus de corolles entières.

Tulipes et tulipiers

Le décor végétal choisi par Carole Benzaken pour évoquer l’ancienne prophétie est tout à fait approprié. L’Arbre du songe est devenu un tulipier dont les branches envahissent tout l’espace à vitrer, se prolongeant d’une fenêtre à l’autre. La forme évasée de ces fleurs rappelle les corolles de feuilles d’acanthe sur lesquelles les peintres verriers de la Renaissance ont juché les rois, ancêtres symboliques du Christ.

La tulippe et l’oeillet, appartiennent au répértoire fleural privilégié des céramiques civiles et religieuses du Proche Orient. Leurs formes souples et leurs couleurs variées sont au centre des célèbres compositions végétales des carreaux de la fabrique d’Iznik (Turquie) entre 1555 et 1620.
Importée en Europe par les portuguais en 1566, la tulipe est présente dans les jardins provençaux du début du XVIIème mais n’est connue en Ile de France que vers 1645. Ce qui explique la date tardive de son utilisation en France à des fins décoratives.

Aucun vitrail antérieur au XXème ne lui fait une large place. Ses premières apparitions, au centre de compositions florales, se voient sur des ornements liturgiques, tels que les voiles de calice brodés au XVII, conservés au trésor de l’Abbaye de Saint-Riquier, dans la Somme. Deux siècles plus tard, des tulipes ornent la chasuble brodée de Mgr Dreux-Brézé, évêque de Moulins ; ou encore une écharpe humérale en soie conservée à la sacrisities pontificale du Vatican.

A Varennes-Jarcy, la tulipe est, pour la première fois, au centre de tout décor vitré.

La réalisation

Le vitrail traditionnel est composé de verres de couleur, découpés puis sertis dans du plomb. Au Moyen-Âge, tout changement de couleur signifiait changement de verre et donc, nécessitait la pose d’un plomb intermédiaire. Le verre était teint dans la masse et seul le verre rouge présentait la nécessité d’être doublé pour être translucide. C’est à dire qu’en cours de soufflage, le verre incolore était enveloppé d’une pellicule de verre rouge. A partir du XIVème, le doublage des verres fut utilisé sur d’autres couleurs, le bleu notamment, à des fins décoratives : la gravure de la face colorée, par abrasion mécanique, permettant de faire ressortir en blanc décor ou détail vestimentaire.

A Varennes-Jarcy, à l’exception des tiges réalisées dans des feuilles de verre non plaquées, la gravure est omniprésente, exécutée non plus mécaniquemment mais par application progressive d’acide fluorhydrique. Son utilisation quasi-systématique a été préconisée par l’atelier Duchemin soucieux de traduire au mieux les subtils changements d’intensité colorée voulue par Carole Benzaken, sans avoir recours au plomb. Le peintre-verrier, Gilles Rousvoal , par son savoir-faire a su traduire en vitrail, , l’oeuvre de l’artiste concepteur

Laurence de Finance.
Chercheur à l’inventaire général
DRAC Ile de France.

- Eglise de Varennes-Jarcy
- Bénédiction des travaux
- Homélie de Mgr Michel Dubost
- Saint-Sulpice le Bon (570 - 647)
- Le projet de Carole Benzaken
- Nicolas Alquin, sculpteur
- Poème de Mgr Dubost : l’arbre de Jessé

Témoignages de Roselyne et de l’entourage du père Hamel
Une vidéo du Jour du Seigneur
La Croix