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Janvier 2014 -
Cartes postales de Terre Sainte

La honte

Gaza… Un drame entièrement fabriqué de main d’homme.
1, 8 million de personnes enfermées.
35 % de chômeurs.
57 % de la population n’a aucune certitude de manger le jour même.
80 % de la population est aidée.
50 % a environ un euro par jour pour vivre.
Des jeunes qui se forment… sans l’espoir d’avoir un métier,
sans espoir de sortir (pas de droit de sortie pour les 16-25 ans quoi qu’il arrive).
Des pêcheurs qui n’ont pas le droit de pêcher (à plus de 3 miles nautiques).
Des malades qui attendent jusqu’à la mort
le droit d’aller se faire soigner là où l’on peut les soigner.
Six heures d’électricité par jour.
90 % de l’eau polluée.

Un gouvernement inspiré par les F F musulmans,
une vision arriérée, erronée de la sharia,
éducation séparée des garçons et des filles,
université où le Coran est matière principale de tout.

Une situation sans cesse mouvante :
2006, victoire électorale du Hamas,
2007, la Fatah est mise hors-jeu.
2008-2009, un mois de guerre. 6000 bâtiments détruits.
2010, une semaine de guerre.
2012-2013, appui des F F musulmans égyptiens.
ouverture de la frontière sud.
2013, changement en Egypte. 1200 tunnels fermés.

Les palmiers sont bercés par le vent,
la Méditerranée est superbe, même en hiver,
et les nuages passent.

Et le monde parle de paix,
il faut bien parler de quelque chose,
Les accords d’Oslo ont vingt ans !
1991, conférence de Madrid.
1993, déclaration de principe d’Oslo.
1998, mémorandum de Wye River.
2000, Sommet de Camp David.
2002-2003, initiative de la ligue arabe et mise en place du quartet (Etats-Unis, Russie, Union européenne, O. N. U.).
2007-2008, conférence d’Annapolis.
2010, Discussions avec le Sénateur Mitchell.
2013, négociations menées par les U. S. A. avec le Secrétaire d’Etat Kerry… la discussion est secrète et devrait être terminée en avril.
Mis à part les ambassadeurs… personne ne croit à la paix.
Les initiés voient bien les efforts de John Kerry,
ils pensent l’homme habile.
Mais le peuple sait. Sent. Ressent.

Les restrictions mises à la circulation,
le Mur. Les annexions dues au tracé du Mur,
les colonisations (500 000 colons en territoire occupé),
la violence des colons, la destruction des maisons,
les prisonniers (même si quelques-uns ont été relâchés…
en 2014… alors que cela était prévu par les accords d’Oslo).
Les zones de tirs (qui justifient des expulsions)…
Et le manque de confiance de chacun envers tous.

Et, partout, la faiblesse des gouvernants.
En Israël, on peut tuer un Premier Ministre qui aime la paix.
Chez les Palestiniens, quelques roquettes peuvent casser l’élan.
Obama n’a pas la majorité nécessaire pour agir
là où les intérêts américains ne l’exigent pas.
L’Europe est divisée.
Rien ne peut se faire sans que la paix soit imposée
et personne aujourd’hui ne peut l’imposer.

Le monde tourne. La vie va.
A Gaza, il n’existe plus qu’une poignée de chrétiens.
Dans les temps récents, ils n’ont jamais été nombreux,
mais quelques familles témoignaient du temps apostolique,
de l’Eglise de Porphyre et d’Hilarion.
A eux s’étaient ajoutés beaucoup de réfugiés après 47…
Puis quelques mercenaires arabes qui entouraient Arafat.
Aujourd’hui, la communauté catholique compte 150 personnes
et les chrétiens sont 1200.
Ils animent cinq écoles…
Des O. N. G. accueillent les sourds-muets,
des religieuses des enfants handicapés.

On ne peut pas dire qu’ils soient résignés.
Ils veulent vivre.
Ils essaient d’être signes d’une vie possible.
L’espérance n’est jamais le fruit d’une analyse intellectuelle,
elle est un don de Dieu. Dans les cœurs.

Le chemin de Saladin

Nous ne sommes pas loin de la grande mosquée de Gaza.
Le terrain descend
et devient du sable.
Le jour se lève.
De l’autre côté, un immeuble de l’O. N. U., puis la mer
grise.
Ne prenez pas la route qui la longe
pour je ne sais quel chemin vicinal.
C’est la route de Saladin.
Elle réunit le Bosphore au Caire.

Et un âne, oreilles dressées,
semble porter fièrement toute l’Histoire
en trottinant dans le petit matin.

Là-bas, on commence à distinguer des pêcheurs
dans leurs barques.
Il y en a une, deux… trois…
Et demeurent à proximité de la rive.

A mes pieds, un terrain vaguement vague,
une ou deux baraques,
le toit de tôle tenu par des pierres,
un peu d’herbe, de la ferraille,
une méchante grue démontée.

Un chien,
un groupe d’enfants.
D’autres chiens se joignent au groupe
devançant les enfants
mais se retournant pour les surveiller.

Les maisons sont proches, denses.
Cinq étages, peut-être.
Le soleil commence à les visiter.

Un drapeau…
Soudain, le bruit fusant d’une roquette qui se dirige vers le large.

Dieu, nos fleuves vont, charriant leurs eaux,
ignorants des lendemains,
toi qui tiens déjà le dernier mot
tu connais le jour et l’heure.

Chrétiens et musulmans

La petite église de Gaza est accueillante.
C’est la troisième fois que j’y suis reçu
(scouts en uniforme, tambours,
mais, cette fois-ci, il n’y a pas de bag piper).

Évidemment, elle est largement décorée.
J’aime particulièrement, toute simple,
une fuite en Egypte
(de fait, le Seigneur a dû passer par là).

L’auteur des fresques a un nom italien
mais il signe comme habitant du Togo.
Curieux !

Je reconnais une seule personne
et, à l’évidence, il y a moins de monde
que lors des dernières visites.

Les Sœurs de Mère Teresa
ont remplacé d’autres Sœurs libanaises et françaises.
Un Argentin a remplacé le prêtre palestinien.

Les citronniers, la grotte de Lourdes sont toujours là
mais les Sœurs ont ouvert une sorte d’hospice : !
les enfants, les femmes,
handicapés physiquement, psychiquement.

Dans l’arbre de Noël
grimpe un Père Noël malicieux et jovial…

« Ne séparez pas la souffrance des chrétiens
de celle des musulmans. »
Nulle part, je n’ai entendu autre chose
et, dans la petite église de Gaza,
on prie pour les musulmans.

Viens et vois

Il y a la population de Gaza.
Globalement, elle n’a pas le droit de sortir de Gaza.
1 800 personnes. Bloquées.

Nous, nous sortons.
Le contrôle du Hamas est sérieux.
Son délégué monte dans le bus.
Notre accompagnateur lui donne un récépissé déjà préparé,
il compare avec notre passeport, nous regarde
et nous salue.

Le car nous arrête un bon kilomètre plus loin.
Ici, c’est le contrôle du Fatah.
Un signe de la main, et nous passons.

Nous avons une guide –d’une O. N. G. catholique-
pour nous accompagner.
Elle est jeune, dynamique,
nous donne des consignes… et nous rassemble.

Nous entrons alors dans une cage de 1250 mètres de long,
un couloir grillagé de trois mètres de large
avec des bornes au milieu pour distinguer les « flux »
mais il n’y a personne d’autre que nous.

Un tricycle avec quelques bagages,
une voiture électrique avec une civière,
aucune autre rencontre.

Vers la fin du parcours,
notre cage traverse une rivière.
Mais, sans doute peu de temps avant
la rivière l’a traversée : le grillage en a retenu les déchets.
Alors, nous voyons le mur, à quelques mètres de distance,
immense plaque de béton de plusieurs mètres.
Le mur a été emporté par les eaux.
Il est détruit.
A cet endroit, des ouvriers s’affairent
ils « sécurisent » notre cage.

Nous arrivons.
Un tourniquet (aux compartiments très étroits)
nous permet d’entrer dans une salle vide.
Une grande table.
Des caméras.
Chacun ouvre son bagage et montre ce qu’il y a dedans.

Des portes métalliques le long d’une longue salle.
Au bout, quelques bancs.
Une vingtaine de personnes sont là.
Nous comprenons qu’une seule porte s’ouvrira :
tous sont agglutinés devant cette porte
sauf une jeune fille avec un déambulateur.

De fait, la porte s’ouvre sur un tourniquet.
Très étroit.
La jeune fille au déambulateur ne peut passer,
elle est dépassée par les valides.
La mère hurle. Les hommes appellent. Personne.
La fille pleure. Elle va s’évanouir.
Enfin, un employé arrive. Jauge la situation.
S’en va.

Toutes les personnes avant nous sont passées
sauf la jeune fille. Sa mère. Leur gros bagage.
Cela va être notre tour. Feu rouge.
Un employé arrive, ouvre une autre porte sans tourniquet.
La fille, sa mère passent.
L’employé voit le bagage. Le prend. Le porte.

Nous passons le tourniquet.
Contrordre, il convient d’aller ailleurs.
Nous le repassons dans l’autre sens,
revenons dans la salle.
Nous passons une autre porte. Un autre tourniquet.

Petite pièce avec un tapis roulant.
Par terre, des grands bacs de plastique blanc. 1m2.
Notre monitrice nous dit d’y déposer
manteaux, vestes, bagages, ceintures, écharpes
et tout ce qui est dans nos poches.
Un employé met chaque bac sur le tapis roulant.

En chemise, nous nous dirigeons vers un couloir
trois par trois…
Nous attendons.
Une machine. A voir sous les vêtements.
Un par un, nous entrons
Mains en l’air. Sommes vus.
Dan un coin, deux jeunes employés rigolent
Et font repasser une personne obèse.

Nous voici dans une salle où arrivent les bacs.
Ce ne sont pas les nôtres.
Nous sommes invités –au bout d’un temps certain-
à avancer vers un autre terminal à bac.
Derrière une vitre, une femme ouvre certains sacs
et renvoie d’un coup de rein
le bac vers nous.

L’attente est longue…
D’autres personnes, arrivées après nous, passent.
La salle d’attente a quelques sièges,
s’ouvre sur un couloir.
Certains parlent, d’autres marchent.
Un ou deux employés en civil
armés de fusils mitrailleurs
passent de temps en temps.
Nous attendons.

Un par un, les bacs finissent par arriver.
Nous récupérons ceintures, portefeuilles, ordinateurs,
bagages.
Et nous arrivons dans une immense salle,
certainement plus de cent mètres de long.
24 guichets.
2 ouverts.

Un par un, nous sommes interrogés :
pourquoi avez-vous été à Gaza ?
Cela est plutôt rapide.
La femme tamponne un ou deux papiers,
examine une dernière fois notre passeport
et, avec un grand sourire, nous dit :
« Bon séjour en Israël ! ».

Nous nous attendons…
A l’étage qui donne sur cette salle
la lumière des bureaux.
Une ou deux personnes nous regardent,
les dômes des caméras ne sont sans doute pas inertes.

Nous voici rassemblés…
Nous sortons sur une sorte de tarmac.
Une dernière grille, un passage étroit
et, déjà, nous entendons le moteur du bus
qui nous attend.

Il a attendu trois heures et demi.

Ne parlez pas de la paix

Rafah. Vous en avez certainement entendu parler !
Souvenez-vous : c’est la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte,
là où étaient construits les 1200 tunnels qui alimentaient la population.
C’est par là que passaient ciment, voitures, télévisions.

Les Frères musulmans leur avaient donné un nouvel essor
pour soutenir le Hamas.
Leur chute a entraîné la fermeture des puits
pour punir les Frères et le Hamas.

Nous découvrons les lieux
terrain vague, mamelonné de sable ocre,
des tentes en plastique jauni pour couvrir l’entrée des puits,
des immondices.
Là-bas, un mur, des immeubles à deux – trois cents mètres.
Les tunnels allaient au-delà.

A Rafah, la misère est là.
(60 % des personnes en-dessous du seuil de pauvreté).
La fermeture des tunnels l’aggrave
et, dans le silence du soir
le soleil couchant nous fait méditer.

Nous rentrons dans la cour de ceux qui nous reçoivent.
C’est une institution qui accueille les sourds-muets.
Un directeur, sourire aux lèvres, nous fait le point de la situation
et laisse la parole à une femme muette.
Elle parle dans le langage des signes.

Merci d’être venus.
Cela nous fait du bien de voir des gens d’ailleurs
ne parlez pas de la paix,
parlez de notre vie.

Et il est vrai qu’elle vit. Vraiment !

Contraste

La Schmidt School est un collège-lycée allemand.
Il se trouve entre la porte de Damas et l’école biblique.
518 élèves (85 % musulmanes c’est un établissement pour filles)
53 professeurs (85 % catholiques).
La direction est allemande.
L’école prépare « l’Abitur » germanique et le Tavjili palestinien.
Les filles sont palestiniennes.
Jupe plissée gris foncé. Chemisier blanc. Veste mauve violine.
L’école a pour but de donner un niveau international à ses élèves.
Les filles à qui je parle sont simples, bavardes, presqu’espiègles.
« Madeleine » s’exprime en arménien, arabe, hébreu, anglais, allemand.
Elle n’a pas seize ans.
Fille de commerçant et d’ingénieur, elle a voyagé l’an dernier en Allemagne.
Elle ira cet été aux Etats-Unis, voir sa sœur.
Facebook lui permet d’avoir des amies juives
qu’elle ne rencontre pourtant pas.
Visiblement, le milieu est aisé.

L’école est évidemment largement subventionnée par les Allemands,
mais les élèves paient entre 6000 et 6500 shekels par an (1500 euros).
Une centaine ont des bourses partielles.
Les classes sont peu nombreuses.
Les tableaux électroniques, les ordinateurs florissants.
Les activités périscolaires sont variées (musique, sport).
Une assistante sociale et des adjointes en pastorale scolaire.
Des responsables de projet
(programme d’échange international…
soutien des écoles palestiniennes)
complètent le tableau.

La chorale nous propose de très beaux chants de Noël arméniens
et dix « Terminales » une danse palestinienne.
C’est tout simplement beau.

Il s’agit de construire une élite palestinienne…
Est-ce pour le pays ?
La sœur de Madeleine est partie. Reviendra-t-elle ?
Etre « international » donne-t-il le goût d’être national ?
Je m’interroge et me souviens.
Dimanche, à Gaza, nous avons visité un « vocationnal center ».
En fait, une école technique pour garçons en situation d’échec.
On y travaille le bois et le fer.
Là encore, ce sont des chrétiens qui, principalement, animent.
Le matériel est correct, mais ancien.
Les ateliers pour le bois n’ont pas d’aspirateur à poussière.

Les garçons sont là, devant leur établi.
Visages fermés. Tristes.
Pas tous.
Je salue l’un d’eux comme on le fait en banlieue,
main ouverte contre main ouverte,
poing contre poing. Pouce levé.
Il sait… et éclate de rire.
Après… il veut être pris en photo avec le siège qu’il fabrique ;

De toute façon, ce siège ne sera pas vendu.
En tout cas, probablement, lui ne trouvera pas de travail.
Il est enfermé à Gaza (pour toujours ?).
Mais ses yeux rient.
Il aime la vie –pas sa vie- et cela se sent…

Qu’est-ce qu’éduquer ?

Connaissez-vous la musique ?

L’université de Bethléem a quarante ans.
Elle a été fondée par les Frères des écoles chrétiennes
et elle fonctionne suivant les normes américaines.
3200 étudiants (à 76 % des femmes, à 71% des musulmans)
dont 50 % vivent à Bethléem, 39 % à Jérusalem, 8% à Hébron.

Je n’y ai jamais rencontré un étudiant qui croyait à la paix.
Simplement, ils ne font pas confiance
ni aux politiques d’Israël,
ni aux politiques palestiniens
(sauf à la maire de Bethléem).

Ils dénoncent la corruption.

Ils ne sont pas volontaires pour rencontrer des jeunes juifs
même sur facebook :
« Avoir des amis serait possible si les emails n’étaient pas contrôlés… »
Et ils se méfient :
une mauvaise interprétation de ce qu’ils auraient pu dire
tuerait leur possibilité d’avoir une carrière.

Or, c’est déjà presqu’impossible d’avoir un métier.

Mais ils rêvent de la paix
et de présentent comme exemple de lien entre chrétiens et musulmans.
Nous avons de la chance : la guerre tue nos divisions.

Puis, la conversation part sur la musique…
Et j’avoue ne plus suivre…
Certains donnent rendez-vous aux jeunes Français en juillet.

Migrants

Tel Aviv est une énorme ville.
Et, comme toutes les métropoles modernes
elle accueille des migrants.

Accueillir est sans doute un grand mot
car, périodiquement, se lèvent des anti-migrations,
des xénophobes.

Le quartier de la gare d’autobus
devient, petit à petit, un quartier chrétien.
Il l’est déjà à moitié !
Beaucoup de chrétiens sont catholiques.
Ils viennent des Philippines, de l’Inde, du Sri Lanka
mais aussi de l’Ethiopie, de l’Erythrée et du Soudan.
Israël n’accorde pratiquement pas d’asile politique (250 exceptions ?).
Certains sont là –spécialement les Africains- parce qu’ils ont réussi à venir
mais la plupart sont venus avec un contrat de travail en poche.
Il est de cinq ans pour les Philippins.
Passé ce temps, ceux-ci doivent rentrer chez eux
sauf s’ils sont mariés à un juif… ou enceintes.

Combien ces chrétiens sont-ils ?
Sans aucun doute, plusieurs dizaines de milliers.
En tous les cas, le Patriarcat latin a décidé de les servir
et c’est une révolution.
A quelques unités près, il n’y avait de chrétiens
que des arabophones…
Aujourd’hui, il y a une grande communauté hébraophone !

Un atelier vient d’être acheté dans le quartier de la gare des bus.
Il servira d’église, de lieu de réunion.
Les Allemands en ont payé une large part.
Alors que nous visitons cette maison
largement encore dans les gravats,
des représentants de la communauté indienne
et de celle du Sri Lanka
remettent au responsable une enveloppe pleine de billets.

Ils gagnent (relativement) bien leur vie
et ne veulent pas être assistés.

Télécharger les cartes postales

Communiqué de la Coordination au retour de Terre Sainte

Évêques d’Europe, d’Afrique du Sud et d’Amérique du Nord, nous sommes venus en Terre sainte prier et offrir notre appui à la communauté chrétienne et à la cause de la paix. À Gaza, nous avons pu observer la grande pauvreté de la population et la présence courageuse de petites et fragiles communautés chrétiennes

Gaza est un désastre d’origine humaine, un scandale révoltant, une injustice criante qui appelle la communauté internationale à trouver une solution. Nous demandons aux dirigeants politiques d’améliorer la situation humanitaire de la population de Gaza, de lui assurer l’accès aux biens de première nécessité afin de lui permettre de vivre dans la dignité, et de rendre possible le développement économique et la liberté de mouvement.

À Gaza, dans un contexte apparemment sans espoir, nous avons rencontré des personnes remplies d’espérance. Nous avons été vivement encouragés en visitant de petites communautés chrétiennes qui, jour après jour, par le biais de diverses institutions, tendent la main avec compassion aux plus pauvres des pauvres, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Notre prière et notre soutien continuent d’aller aux prêtres, aux religieuses, aux religieux et aux laïcs qui travaillent à Gaza. Ils exercent un ministère de présence, de sollicitude auprès des enfants handicapés et des personnes âgées et d’enseignement des jeunes.

Leur témoignage de foi, d’espérance et d’amour nous a donné de l’espérance. Or c’est précisément l’espérance qui est nécessaire en ce moment pour apporter la paix, une paix qui ne pourra s’édifier que sur la justice et l’équité pour les deux peuples. Palestiniens et Israéliens ont désespérément besoin de cette paix. Par exemple, dans la vallée de Crémisan, le tracé du mur de sécurité menace des terres agricoles qui appartiennent depuis des générations à 58 familles chrétiennes. Les pourparlers de paix en cours surviennent à un moment critique. Le temps est venu d’assurer que soient comblées les aspirations à la justice des deux parties.

Nous pressons les responsables de se faire champions de l’espérance et non fauteurs d’obstruction. Nous les invitons à entendre le message qu’adressait récemment le pape François aux membres du corps diplomatique : « il est positif que les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens aient été reprises, et je forme le vœu que les parties soient déterminées à assumer, avec le soutien de la communauté internationale, des décisions courageuses pour trouver une solution juste et durable à un conflit dont la fin se révèle toujours plus nécessaire et urgente ». (13 JANVIER 2014).

Au moment de quitter la Terre sainte, nous portons les évêques et les fidèles de l’Église locale dans nos cœurs. Ils ne sont pas seuls. Avec eux, nous formons le peuple de l’espérance. Nous prions pour que la visite que fera le pape François en Terre sainte ouvre des chemins d’espérance dans la région. Nous sommes convaincus qu’une paix durable est possible.

Monseigneur Stephen Brislin,
Afrique du Sud
Monseigneur Pierre Burcher,
Scandinavie
Monseigneur William Crean,
Irlande
Monseigneur Michel Dubost,
France
Monseigneur Paul-André Durocher,
Canada
Monseigneur Patrick Kelly,
Angleterre et Pays de Galles
Monseigneur William Kenney,
Angleterre et Pays de Galles
Monseigneur Declan Lang,
Angleterre et Pays de Galles
Monseigneur Denis Nulty,
Irlande
Monseigneur Richard Pates,
États-Unis d’Amérique
Monseigneur Thomas Renz,
Allemagne
Monseigneur Janusz Stepnowski,
Pologne
Monseigneur Joan Enric Vives,
Espagne
Témoignages de Roselyne et de l’entourage du père Hamel
Une vidéo du Jour du Seigneur
La Croix